Mots-clés

, , , , ,

Cet été, mes pas m’ont menée dans le bordelais, région jusque là inconnue au bataillon. Curieuse et motivée mais sans excès mon voyage a commencé dans le village, classé au patrimoine mondial, Saint Émilion. Au delà de la beauté renversante de l’endroit et le charme de l’Hostellerie de Plaisance où j’ai eu la chance de découvrir la cuisine de Philippe Etchebest, j’ai eu l’impression d’enfin comprendre ce que veut dire ce nom de Saint Émilion, souvent croisé sur des bouteilles mais assez abstrait dans mon esprit.

Pour être tout à fait honnête, je ne connaissais absolument pas la différence entre rive droite, rive gauche, graves, pauillac, saint émilion, entre-deux-mers…. Je vous livre donc ce que j’ai retenu de ce bref séjour, mais je vous préviens tout de suite, pour comprendre le Bordelais, il faut regarder une carte, cela permet de situer clairement et de mieux comprendre.

Alors à Saint Émilion, nous sommes sur la rive droite de la région de Bordeaux. C’est l’une des appellations les plus prestigieuses de cette rive, sur laquelle on retrouve également Pomerol, mais aussi Côtes de Bourg, Fronsac, Côte de Blaye…

Le plateau sur lequel est situé cette région est argilo-calcaire ce qui est favorable à la plantation de Merlot, qui est le cépage principal des Saint-Émilion. C’est un cépage très différent du Cabernet Sauvignon (beaucoup plus utilisé sur la rive gauche, notamment dans le Médoc, nous y reviendrons), il est plus souple et ses tanins sont plus soyeux, ce qui permet de boire les vins plus jeunes.

Les vins de Saint-Émilion ne font pas partie du classement de 1855 (dont nous reparlerons bientôt), ils ont leur propre classement qui est censé être renouvelé tous les dix ans mais qui n’a été revu que quatre fois depuis 1954, lors de sa création. Il est composé de 2 Premiers Grands Crus classés A (Château Cheval-Blanc et Château Ausone), 13 Premiers Grands Crus classés B (dont Château Figeac, Château Pavie, Clos Fourtet….) et 55 Grands Crus classés.

Revenons en à ma promenade ! Après m’être promenée sur toutes les routes qui bordent Saint-Émilion, je suis entrée au Château Cheval Blanc (Premier Grand Cru classé A) pour voir de près le nouveau chais de Jean-Michel Wilmotte, qui disparaît dans la nature avec son toit végétal.

J’ai été très surprise car du château on découvre celui de l’Évangile de l’autre côté de la route, or ce dernier est un Pomerol. Je n’avais pas conscience de cette proximité géographique. J’avais le sentiment vague que des vins si différents étaient faits dans des régions totalement distinctes. Or il faut admettre qu’une nationale les sépare.

J’ai donc continué mon périple pour voir Pomerol qui cette fois ci ne fait pas l’objet d’un classement officiel mais qui possède de très grand domaine tels que Pétrus (qui n’est pas un château comme le prouve ma photo), Château Le Pin, Château la Fleur de Gay…

Je ne suis pas restée assez longtemps pour vous en dire plus mais je suis certaine que j’aurais l’occasion de faire un billet sur ma première dégustation d’un Pétrus, j’attends juste que l’on m’en offre ! Mais pas du millésime 1991 car ce dernier n’existe pas ! La récolte était si mauvaise que le vin n’a pas été produit.

Direction Pauillac, seconde étape de ce voyage de 72h. Changement de rive ! Médoc me voilà ! Et c’est parti pour la Départementale n°2, qui égrènent les châteaux et appellation les plus connues. D’un coup, toutes les étiquettes, croisées au hasard des rayons de mon caviste, se mettent en place. Au fur et à mesure des kilomètres, tout se comprend. Margaux, Saint Julien, Pauillac, Saint Estèphe… Les châteaux les plus connus apparaissent, les vignobles à perte de vue, tout est splendide.

Deux ou trois petites informations utiles. Le changement par rapport à Saint-Émilion est très clair. Tout d’abord, nous voici au royaume du Cabernet, sauvignon et franc, même s’il peut être mélangé à d’autres cépages (merlot, malbec, petit verdot…). La nature des sols explique grandement cette différence. Il s’agit ici de sable mélangé à des graviers, à des galets et à un peu d’argile, dans lequel le Cabernet s’épanouit. L’usage de ce cépage principal fait, des vins du médoc, des vins de garde, qui peuvent s’épanouir pendant dix, quinze, trente ou cinquante ans. Certains vignerons de Pauillac considèrent que boire leur vin pendant les vingt première années s’apparente à un infanticide !

Nous voici donc également au cœur du classement de 1855 qui a été établi, lors de l’exposition universelle de Paris, à la demande de Napoléon III. Cette classification comprend 5 catégories allant des Premiers Crus au Cinquième Crus (pour les vins blancs, elle est différente) et regroupe 61 vins rouges. Cette liste crée des débats interminables car elle n’a été que très peu modifiée et certaines personnes se questionnent sur sa pertinence et sa réactualisation.

Je ne résiste pas à vous donner la liste des cinq Premiers Crus, dont j’ai, presque religieusement, visité les vignobles. Château Lafite-Rothschild, Château Latour, Château Margaux, Château Mouton-Rothschild (devenu un premier cru en 1973) et château Haut Brion. Je reparlerai de ces vins prochainement car j’ai eu la chance d’en goûter certains !

Publicités