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A deux pas du Palais Farnese, dans un dédale de petites rues du centre historique de Rome, se cache l’un des meilleurs restaurants de poissons de la capitale italienne.  Façade discrète, cuisine vitrée que l’on entraperçoit de la rue et dès l’entrée, face au grand étal, on comprend que le poisson sera à l’honneur.

Dans un décor amusant mi moderne, mi chiné, plusieurs salles se succèdent, dont une salle fumeur, au fond du restaurant, qui est très bien ventilée et permet de fumer un cigare ou une cigarette sans gêner ses voisins.

ImageAprès s’être confortablement installées, la carte arrive enfin et là tout se complique ! Le choix est cornélien, tout a l’air sublime et donne incroyablement faim…. Que choisir ? Les tagliatelles de seiche aromatisées à l’huile d’olive, au citron, à la menthe à la poutargue et aux carciofi ? Ou plutôt  les gambas au consommé de bacon, accompagnées de leur salade d’herbes fraiches et radis au balsamique ? Le poisson cru en quatre façons ? Et ce bar en croute de sel ? Ou encore les pâtes  (Paccheri di Gragnano) à l’espadon, aux aubergines et à la mozzarella fumée…..

Le choix est fait ! Ce soir ce sera Menu Dégustation. Nous avons hâte de gouter ce qui s’annonce comme merveilleux. Mais avant cela, nous décidons de choisir un vin. La sommelière arrive et n’ayant pas envie de boire un vin français, nous lui demandons de nous conseiller un vin blanc italien, choix périlleux mais qui peut être intéressant si bien conseillé. Elle nous suggère un vin blanc sicilien qui ne mérite pas forcément que l’on publie son nom et qui avait comme seul mérite d’être très bon marché.

Le repas arrive enfin ! On commence par l’Interpretazione di crudi, trois petits tartares de poissons sublimissimes, avec une mention particulière pour le thon à la fleur de sel et à la menthe, extrêmement frais, très délicat, fondant en bouche, un véritable enchantement. Les deux autres poissons sont blancs mais nous n’avons pas leurs noms en tête. L’un d’entre eux est traité avec un trait de ciboulette et l’autre un soupçon de basilic. Les herbes sont traitées avec une grande délicatesse et mettent en valeur le poisson sans en dénaturer son goût. Cet équilibre sera l’un des points communs de tous les plats de ce menu. Les ingrédients sont tous là pour se mettre en valeur sans jamais prendre le dessus.

ImageLes tagliatelles de seiche sont inouïes ! Les petits artichauts se marient parfaitement au citron et à la menthe, les seiches presque transparentes tant elles sont fines créent une harmonie divine dans ce plat, accompagnées par une huile d’olive verte très subtile.

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Les gambas roses sont traitées en carpaccio et offre l’impression d’avaler une tranche de nuage. Le goût est très doux, moelleux mais craquant grâce aux flocons de fleurs de sel. Le seul reproche que l’on peut faire à ce plat est qu’il disparaît trop vite…

ImageViennent ensuite des pâtes romaines aux anchois, croûtons de pains et poivrons cuits à la cendre. La qualité des pâtes est sidérante. Une petite recherche nous indique qu’il s’agit de pâtes Verrigni. Très al dente, très goûteuses, elles sont excellentes et la portion servie est raisonnable, ce qui ne coupe pas l’appétit pour la suite. Les poivrons sont confits dans leur propre jus, donc très sucrés et très moelleux ce qui répond bien au croustillant du pain.

Une seconde version du thon arrive. En steack, accompagné d’une merveilleuse salade de tomates vertes. Cuit à la perfection, quasi cru au centre, ce poisson qui nous avait déjà enchanté lors de l’entrée en tartare ne finit pas de nous ravir.

L’heure du sucré a sonné…. Petits pots de crème au chocolats crispy et à l’écume de lait, immédiatement suivi d’un Baba au rhum qui enchante Louise mais sur lequel je fais l’impasse depuis une expérience de Baba napolitain légèrement trop riche.

Alors le verdict : Nous y sommes retournés le lendemain pour essayer le Fritto tradizionale de gambas, calamars et mulet qui était le meilleur que nous ayons jamais mangé.

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Verdict plus détaillé :

Récemment distingué par le guide Michelin, cette première étoile semble annonciatrice de la deuxième. La qualité des produits rivalise avec l’intelligence qui caractérise leurs préparation. Les poissons sont enchanteurs !

Petit bémol sur le service. C’est très plaisant de pouvoir fumer dans un restaurant, mais la joie de garder le même cendrier sur la table, pendant tout le repas, sans que personne ne songe à le débarrasser, est nettement moins sympathique. L’avantage, de ce genre de défaut, est qu’il se corrige très facilement.

Un petit plus bien sympathique : la corbeille de pain. Un étonnant choix de petits pains maisons absolument superbes. Aromatisés aux graines, aux herbes, aux épices. Brioches, campagne, blanc, seigles. Un véritable délice !

La carte des vins est splendide et la cave très bien achalandée à la fois en vins italiens et français. La sommelière n’est pas très adroite, il vaut mieux savoir ce que l’on souhaite. Son conseil n’était pas adapté à un beau dîner et elle ne nous avait pas donné d’idée du prix de la bouteille qu’elle a choisi, ce qui semble très étrange. A sa décharge, elle nous a vu toutes les deux, assez jeunes, et a dû penser que nous avions des contraintes économiques très fortes car elle nous a conseillé une bouteille à moins de 15 euros….

Les prix sont élevés, ce qui s’explique facilement par la qualité des produits. Il faut compter entre 22€ et 28€ pour les entrées, 20€ à 26€ pour les Primi Piatti (les pâtes), et 28€ à 44€ pour les plats. Le menu dégustation coûte 85€.

Le restaurant ilSanlorenzo se trouve au Via dei Chiavari, 4. Tel : +39 06 68 65 097

www.ilsanlorenzo.it

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